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  • : Un petit blog où vous pourrez lire mes fictions. Tous les textes sont de moi, je vous serai reconnaissante de ne pas les prendre ou les modifier sans mon accord. J'écris du yaoi, donc des relations homosexuelles entre hommes, âmes sensibles et homophobes s'abstenir. Bonne lecture ! Et donnez moi votre avis sur mes écrits :)
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A boy like no other

Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 16:16

Voilà la suite, je sais, j'ai vraiment tardé à la mettre mais je manque réellement de temps, je croule sous le boulot et en plus de ça j'ai des dizaines d'heures de sommeil en retard, moi je dis, vivement les vacances ! Bon, ce chapitre est un petit peu plus long (toujours pas assez, je sais xD), j'en suis assez contente mais je demandes quand même vos avis ^^
Bonne lecture, Kalei.



Laurent ruminait des pensées noires et tournait en rond dans son village. Il laissait ses yeux passer et repasser sur tout ce qu'il croisait mais il avait la désagréable sensation d'avoir déjà tout remarqué, tout photographié. Il ne lui restait plus rien à faire et il ne pouvait l'accepter : on n'a jamais fait le tour complet de quelque chose. Puisqu'il faillait bien satisfaire ce besoin de photographier, il sortit son appareil, un vieux Leica qu'il aimait particulièrement. Il se mit à genoux devant une maison et prit le cliché d'un détail dans les pierres du perron. Il avait fait son choix, cette pellicule serait celle des petites choses, de ce qu'on ne remarque pas ou qu'on ne voit plus. Il fit ainsi le tour de son minuscule village pour la quatrième fois, capturant sur sa pellicule tous les petits détails qui attiraient ou non l'attention.

Plutôt calmé, il prit le chemin de chez lui et réfléchit. Ce gosse l'intriguait, vraiment. Il était rare qu'une personne éveille autant sa curiosité, habituellement il se lassait des gens avant même de les connaitre, c'est pour cette raison qu'il avait acheté une maison dans un village si isolé, il aimait l'absence. Mais là, il avait envie de savoir d'où venait ce gamin décharné et pourquoi il était ainsi. En pensant à lui, il le revit assis sur le rebord de la fenêtre, fumant sa clope avec désinvolture. Ce qui l'avait vraiment frappé à ce moment là ce n'était pas l'aspect étrange de la situation, non, ni même ce corps trop maigre. C'était l'espèce d'aura de tristesse qui l'entourait. On aurait dit qu'il était l'incarnation de la tristesse. Tout dans son attitude exprimait la souffrance, les regrets et les remords. Mais pourquoi ? C'était la question qui revenait sans cesse dans l'esprit de Laurent. Pourquoi ? Pourquoi avait-on l'impression, rien qu'en croisant son regard, que ce garçon vivait dans un autre monde, bien au-dessus du notre ? Pourquoi ses traits n'exprimaient rien d'autre que de l'indifférence quand tout son être hurlait la souffrance ?

Il leva les yeux ; il se trouvait devant sa porte. Il hésita un bref instant, se demanda si l'autre était toujours là puis, écartant sa question, entra dans la maison. Le garçon était là, assis dans un fauteuil, il pouvait voir son profil. Celui-ci leva la tête vers lui et le dévisagea sans surprise.

- T'es toujours là gamin ? Demanda Laurent.

L'autre restait muet et le regardait sans ciller.

- Toujours aussi bavard à ce que je vois, grommela le photographe.

Il enleva son manteau, l'accrocha au porte manteau prévu à cet effet, enleva ses chaussures, pris son Leica et le posa sur la table. Il vint ensuite s'assoir sur le fauteuil face à Ziggy. C'est seulement à ce moment là qu'il remarqua l'odeur de thé qui flottait dans la maison et la théière posée sur la table basse. Remarquant sa surprise, Ziggy pris la parole :

- J'ai fait du thé, il fait froid dehors.
- Euh, merci ? répondit Laurent de façon incertaine.
- Puis je suis désolé, j'me suis emporté tout à l'heure alors que je n'avais aucune raison de le faire, tu n'avais rien fait qui justifies ma colère, pas volontairement en tout cas.
- Ca tu peux le dire gamin, tu m’as foutu en rogne, tellement que je me suis barré de ma propre maison, en temps normal je t'aurais foutu dehors mais bon ... Disons que les conditions sont un peu exceptionnelles. On va prendre les choses du début si tu veux bien. Je m'appelle Laurent, j'ai vingt-six ans et je suis photographe.
- Ok, moi c'est Ziggy, j'ai dix-huit ans et le reste à peu d'importance. Ah si, j'aimerai bien savoir où je suis, je veux dire, je sais que je suis en Auvergne mais je ne sais pas où ...
-  Je suppose que je ne dois pas poser de question sur le pourquoi du comment tu t'es retrouvé à dormir sous la pluie dans un village que tu ne connais pas, perdu au milieu de la France. Tu es donc à Malbo, un village de ... vingt habitants, et encore je vois grand, perdu dans le Cantal.
- Le Cantal ? Ca va, c'est loin, ça ne sera jamais assez loin mais c'est suffisant pour le moment.

Laurent abandonna l'idée de comprendre de quoi Ziggy parlait et servit deux tasses de thé, une pour lui et l'autre pour l'étrange garçon qui avait débarqué dans sa vie du jour au lendemain. Ils burent en silence, écoutant la pluie qui recommençait à battre les carreaux. Le plus jeune fixait un point au plafond, il avait l'air complètement perdu dans ses pensées. Le photographe le regardait et regretta de ne pas avoir un appareil à porté de main, ce gosse lui donnait envie de photographier. Il avait l'impression qu'il aurait pu faire des centaines de portraits de lui sans avoir capturé la moitié de son charme. Il se surprit à le détailler de façon un peu trop insistante. Secouant la tête, il brisa le silence.

- Et tu vas faire quoi ? J'veux dire, tu compte repartir ? Parce que sans vouloir être indiscret t'es pas trop en état de voyager, t'es même carrément malade.
- En effet, t'es indiscret là. Ouais, j'aimerai bien me barrer, partir toujours plus loin mais ça me fait mal de le dire mais t'as raison : j'suis pas en état, il faut que j'attende que ma fièvre tombe.
- Tu peux rester là si tu veux, j'ai pas de chambre d'ami mais il y a toujours le canapé si t'es pas trop exigeant.

Ziggy le regarda surpris.

- Tu veux bien que je reste ? Ca t’arrive souvent d'accueillir des gens comme ça chez toi ? Parce que bon, j'pourrais toujours être un cambrioleur ou je sais pas quoi ...
- Pour tout te dire c'est la première fois que je ramasse un gamin dans la rue mais j'm'en fout, tu pourrais bien avoir tué quelqu'un et vouloir m'assassiner, tant pis, il faut prendre des risques non ? Répondit Laurent avec un petit sourire en coin.

Ils finirent leur tasse tranquillement, écoutant le bruit de la pluie et se posant chacun la même question perfide et insistante : pourquoi ? Puis Ziggy se leva et débarrassa la théière et les tasses, puisqu'il restait là un petit moment, il fallait bien qu'il soit un minimum utile, au moins qu'il se fasse oublier.

- Bon, j'ai des photos à développer, j'vais devoir te laisser un moment, tu fais comme chez toi, il y a des bouquins ici si tu veux.
- Ouais j'ai vu mais à vrai dire je préfèrerais une ou deux feuilles, j'ai des choses à écrire.
- Ok, j'vais t'en chercher.

Il disparut en haut des escaliers et revint, une minute plus tard avec un paquet de feuilles et une trousse. Il posa le tout sur la table, prit son Leica et monta s'enfermer dans son laboratoire.

Je sais pas dans quoi je m'embarque, je ne sais vraiment pas ...

 

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Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /Sep /2008 17:32

Halala ... J'ai des maths, de la chimie, de l'anglais et de l'espagol qui m'attendent et tout ce que je trouve à faire c'est poster un nouveau chapitre ^^ Par contre je vous préviens tout de suite : je ne suis pas douée pour les déscriptions :S
Bonne lecture, Kalei. :)



A genoux sur le lit, les poings serrés, Ziggy tremblait. Il ne supportait plus ces moments là, ces moments où il perdait le contrôle de lui même. Il avait encore dérapé, il prenait un mauvais départ. Les yeux fixés sur les débris de vaisselle, il réfléchissait. On ne pouvait pas repartir de zéro, c'était impossible et il le savait, le seul fait de se souvenir empêchait tout retour en arrière. Mais si on ne peut repartir de zéro, on peut toujours évoluer et pour ça, il faut faire des efforts. Il poussa un soupir et se releva. Son attitude était puérile, il était ridicule.

Il commença par s'habiller, ses vêtements étaient sur une chaise, surement mis là par le type qui l'avait hébergé. Il sortit un sachet en plastique sa poche, hésita puis le remis au fond de sa poche, un murmure aux lèvres. Je changerai. Il jeta un coup d'œil à la chambre. C'était une pièce simple et assez petite ; des murs blancs, un parquet clair, un lit en bois clair, une table de nuit faite du même bois avec une lampe et une pile de livres, un placard et une chaise. Cette chambre était assez impersonnelle, il n'y avait pas un petit objet sentimental qui trainait, pas une photo aux murs, elle aurait pu figurer dans un catalogue de meuble. Ziggy s'en voulait d'avoir réagi si violement à la pauvre tentative d'aide de son hébergeur, il entreprit donc de nettoyer ce qui avait été son petit déjeuner.

Tout en cherchant une poubelle où mettre les débris, Il visita la petite maison. La chambre donnait sur un petit palier avec trois autres portes. La première, attenante à la chambre ouvrait sur une petite salle de bain classique douche/toilette/lavabo. La seconde porte ouvrait sur une pièce moins habituelle : un labo photo. C'était une petite salle sans fenêtre, éclairée par une lumière rouge, au fond Ziggy pouvait distinguer l'agrandisseur et les différents bacs de produits, sur le mur de gauche, une vingtaine de photos était suspendue à des fils, manifestement entrain de sécher.

- Ca commence à devenir plus intéressant, pensa Ziggy.

Il jeta un coup d'œil aux clichés, Laurent était doué, c'était certain. Le plus jeune ne s'était jamais vraiment intéressé à la photo mais savait apprécier la valeur d'un beau cliché. A vu d'œil, Laurent faisait principalement des portraits, du moins cette pellicule y était consacrée. Il sortit du laboratoire et ouvrit la dernière porte : un bureau. La pièce était dans un désordre incroyable, des piles de classeurs jonchaient le sol, des photos étaient éparpillées sur le bureau et un mur était couvert de clichés scotchés à la va vite. Après une rapide inspection des classeurs (les bleus contenaient les négatifs et les rouges les photographies), Ziggy pris l'escalier.

Le rez-de-chaussée n'était qu'une seule et unique grande pièce, elle faisait apparemment office de salon, de bibliothèque et de salle à manger. Dans le fond, on pouvait voir une petite cuisine américaine, séparée du reste de la pièce par un bar. La décoration de la salle était classique mais confortable ; le plafond et le sol étaient en bois clair, les meubles étaient du même bois,  les murs étaient blancs et exposaient des agrandissement de photographies. Enfin, les chaises, les fauteuils et le canapé étaient tous de même rouge foncé. Des affaires laissées en plan par-ci par-là rendaient la maison vivante, de toute évidence Laurent vivaient seul et n'était pas maniaque du rangement.

Ziggy jeta enfin les restes de son petit-déjeuner dans la poubelle de la cuisine et s'assit dans un fauteuil. Ca lui faisait mal de l'admettre mais il regrettait vraiment son comportement vis-à-vis de Laurent qui n'avait rien fait pour mériter ça. Il avait envie de s'excuser mais ne savait pas vraiment comment s'y prendre, il faut dire que depuis toujours, il avait préféré se mettre à dos tout le monde plutôt que s'excuser, sa stupide fierté, son stupide orgueil l'en empêchait. Mais voilà, s'il voulait prendre un nouveau départ, il devait changer ses habitudes. Il décida, pour remercier son hôte, de lui préparer un des différents thés qu'il avait remarqué dans un tiroir de la cuisine. En se levant il eu un vertige, il se tint la tête et se souvint, ça faisait deux jours qu'il n'avait rien avalé et ses maigres réserves étaient épuisées, il sortit un petit sachet de sucre de sa poche et un sachet plastique. Après avoir mangé le sucre, il observa pensivement le second sachet :

- Je peux bien me permettre d'en prendre un peu, juste un peu, après j'arrête vraiment, se dit-il.

Il s'approcha de la table et y déposa un peu de poudre blanche venant du sachet. Il sortit une carte et un billet de son autre poche, prépara deux rails bien nets puis les sniffa. C'était sa délivrance, son exutoire. Tout en savourant la sensation de bien-être qui s'installait dans son corps, il mit de l'eau à chauffer pour le thé.
 

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Dimanche 14 septembre 2008 7 14 /09 /Sep /2008 12:18

Encore merci Pour vos commentaires. Par contre je vous préviens : je ne posterai que le week end, mon année de terminale S commençant très fort avec vraiment beaucoup de travail. Bonne lecture, Kalei.


Laurent changeait pour la énième fois la serviette fraiche sur le front de Ziggy, la fièvre avait nettement baissé mais était toujours présente. Le garçon dormait encore ce qui n'était pas étonnant à en juger par les cernes sous ses yeux. Tiraillé par la faim, il descendit se faire un sandwich puis, après une dernière vérification de l'état de son patient, il s'installa sur le canapé pour y passer la nuit.

C'est en se réveillant avec un important mal de dos le lendemain matin qu'il se souvint de la présence du garçon dans sa chambre. S'inquiétant de son état de santé, il prépara rapidement du café et des toasts pour lui apporter son petit déjeuner. La première chose qui le surprit en pénétrant dans la pièce fut le froid qui y régnait, la deuxième fut le lit défait et vie et enfin, la troisième fut la fenêtre grande ouverte et le garçon assit sur le rebord, vêtu en tout et pour tout de son boxer, fumant une cigarette.

 - Non mais ça va pas bien ?!! Tu veux crever d'une pneumonie ?!

Il posa son plateau et se précipita vers le jeune homme, ne lui laissant pas le temps de réagir, il le prit dans ses bras et le remit dans le lit.

- T'as fait tomber ma cigarette.

C'était les premiers mots qu'il adressait au photographe. Celui-ci ne sut quoi répondre, assez interloqué par la réaction de ce garçon.

- Tu ne me demandes pas qui je suis ?
- Qu'est-ce que ça change au fait que ma cigarette soit tombée ?

Laurent était surpris : qui souciait plus d'une cigarette perdue que de l'inconnu chez qui il avait passé la nuit ? Dans un soupir, il prit le plateau contenant le petit-déjeuner et le posa sur la table de nuit.

- Mange, ça te fera du bien.

Sans jeter un seul coup d'œil à la nourriture, Ziggy répondit fermement :

- Je n'ai pas faim.

Laurent aurait presque pu être dupe si seulement il n'avait pas vu le corps de l'adolescent et entendu son ventre gargouiller sans arrêt.

- Je ne sais pas qui tu cherches à convaincre mais c'est évident que tu meurs de faim. Mange donc.

Ziggy sentit son ventre se crisper, oui, il avait faim, mais l'idée de manger lui donnait simplement envie de vomir. Une colère sourde s'installa dans ses veines. Il ne voulait pas ça, il n'était pas parti pour rien ! Tout ne faisait que se répéter et il ne le supportait plus. D'un geste de rage, il poussa son plateau qui chuta au sol, répandant toasts et café et brisant la vaisselle.

- JE TE DIS QUE J'AI PAS FAIM !!

Laurent sursauta face au geste brutal et s'énerva également. Merde à la fin ! Il avait ramassé le gosse, l'avait soigné, lui avait laissé sa chambre, ne lui avait pas posé de questions sur lui et c'est comme ça qu'il le remerciait ? Il sortit de sa chambre en déclarant :

- Très bien, fais comme tu veux. Mais si tu veux pouvoir repartir sans crever au bout de deux jours tu devrais manger, j'suis sûr que faible comme t'es t'es pas capable de faire plus de cent mètres sans t'évanouir !

Trop énervé pour rester à tourner en rond dans sa maison, il prit son appareil photo et son manteau et partit faire un tour.


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Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /Août /2008 21:09

Merci pour vos commentaires, c'est agréable d'avoir des avis sur ce qu'on écrit. Je prends note des critiques et je tenterai d'améliorer en fonction. Voilà donc la suite, le chapitre est encore assez court, j'ai du mal à écrire beaucoup, d'ailleurs je ne suis pas du tout satisfaite du résultat. Le chapitre est court, trop court.
Kalei.



Laurent avait très mal dormis, la pluie avait tambouriné à sa fenêtre toute la nuit, l'empêchant de trouver le sommeil. C'est donc de mauvaise humeur qu'il finit par se lever, abandonnant l'idée de se rendormir. Tel un zombie en caleçon il se dirigea vers sa salle de bain. Il poussa un soupir en se regardant dans la glace : il portait une barbe de trois jours, ses cheveux étaient dans le même état qu'après une explosion et des cernes s'étaient installés sous ses yeux. Après une rapide douche il s'installa dans sa  petite cuisine américaine pour boire son habituel café matinal. Un petit quart d'heure plus tard, il sortit prendre le courrier.

Raah ... Facture, facture et encore facture ... Je sais pas comment je vais pouvoir payer tout ça ...

 Laurent était photographe et actuellement il faisait un break, il ne roulait pas sur l'or mais avait assez d'économies pour vivre pendant quelques mois. Il refermait sa boite à lettre quand quelque chose attira son attention : quelqu'un était allongé sur le bord de la route. Ca ne pouvait pas être un clochard, ce village était minuscule et il n’en avait jamais vu un seul. Non, à bien regarder ça ressemblait plus à un adolescent. Maintenant totalement réveillé, Laurent s’approcha, histoire de voir si tout allait bien. Le garçon avait l’air de dormir, ses habits étaient trempés et collaient à son maigre corps, ses cheveux noirs et mi-longs étaient plaqués sur ses joues d’une blancheur rare. Il lui secoua l’épaule pour essayer de le réveiller. Sans ouvrir les yeux, l’inconnu dit faiblement :

- Barre toi Sid, j’ai pas besoin de toi …

- Eh gamin ! Réveille-toi !

Il entrouvrit les yeux. C’était les yeux les plus verts que Laurent avait jamais vu, verts avec une pointe de jaune autour de la pupille. Des yeux hypnotisant. Il ne semblait cependant pas revenir à la réalité et répétait inlassablement :

- J’ai pas besoin de toi, j’ai pas besoin de toi, j’ai pas besoin de toi …

Laurent lui toucha le front : il était brûlant. Manifestement, cet étrange adolescent délirait. Le photographe le prit dans ses bras pour l’amener à l’intérieur, il n’était pas plus lourd qu’une plume, c’était comme si Laurent ne transportait qu’un petit tas de vêtements mouillés. Il le porta jusqu’à son lit et le déshabilla, ne lui laissant que son boxer. Il avait deviné qu’il avait affaire à un corps maigre mais ne s’attendait pas à cela : des os et des creux partout. Il n’aurait pas su dire depuis combien de jours ce garçon n’avait pas mangé mais il ressemblait à un squelette. La vue de ce corps si maigre, de cette peau si pale, de ces nombreux hématomes sur les jambes lui faisait mal au cœur. Il le sécha rapidement, le recouvrit d’une légère couverture et s’assit à côté du lit, résigné à passer la journée ici. Le garçon s’était endormi et, prenant un livre pour s’occuper, Laurent ne pu résister à prendre un cliché rapide de ce visage envoutant.   

 

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Jeudi 28 août 2008 4 28 /08 /Août /2008 16:12

La tête posée contre la vitre du train, Ziggy regardait le paysage défiler et pensait. Il pensait qu'il avait fait le bon choix, qu'il avait pris le bon train. Au fil des minutes, un nœud se desserrait dans sa poitrine, c'était surement parce qu'il s'éloignait de tout ça. Des gens. Ces gens avec un seul mot à la bouche, toujours le même. Mange. Ce mot, il ne pouvait plus l'entendre mais personne ne l'avait compris. Personne n'avait compris qu'en le répétant ils enfonçaient Ziggy dans sa névrose. Mais il était parti et plus jamais il ne les entendrait prononcer ce mot. Mais il avait honte. Pour la première fois de sa vie il avait fuit. Il avait fuit un quotidien sordide, il avait fuit ses parents, il avait fuit son passé. Mais pouvait-il mettre assez de distance entre lui et le reste ? Les kilomètres n'éloignaient pas le passé et il ne le savait que trop bien. La douleur dans son dos coupa le fil de ses pensées, il descendrait au prochain arrêt, ne pouvant plus supporter l'inconfort du train.

Ziggy sortit donc à la gare suivante et ne regretta pas son choix en voyant un contrôleur monter dans son wagon : il avait toujours voyagé gratuitement. Il reporta son attention sur la gare, il na connaissait pas la ville dans laquelle il venait d'arriver mais il était toujours dans le Nord de la France, donc toujours trop proche de ce qu'il cherchait à fuir. Ne voulant pas attendre un prochain train, il partit à pieds. Après deux heures de marches au bord de la route, un camion s'arrêta et le pris en stop. Le camionneur n'était pas particulièrement bavard et allait en Auvergne, ce qui était assez loin pour Ziggy.

La nuit était tombée depuis deux bonnes heures quand le camionneur s'arrêta et sortit du camion avec un joyeux "
Bienvenue au milieu de nulle part !". Ca tombait bien, c'était là que Ziggy voulait aller : nulle part. Il n'avait pas sommeil et décida donc de faire le tour du village dans lequel il était arrivé. Il n'avait pas fait trios pas qu'il s'était mis à pleuvoir. Il avait toujours aimé la pluie, cette présence rassurante, caressante. La pluie lui correspondait, il pleuvait constamment dans sa tête mais jamais sur ses joues. Pourquoi pleurer quand le ciel le fait pour vous ? Il s'allongea là, à même le bitume pour s'enivrer de cette eau ruisselante et omniprésente. C'était une nuit sans étoile et il n'y avait aucun lampadaire dans cette rue. Ziggy était entouré d'obscurité, il faisait partie de l'obscurité. Il ne faisait qu'un avec la pluie et la nuit. C'est sur ce sentiment de réelle harmonie qu'il finit par s'endormir, se souciant peu du sol inconfortable ou du froid dans ces os.

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