Voilà la suite, je sais, j'ai vraiment tardé à la mettre mais je manque réellement de temps, je croule sous le boulot et en plus de ça j'ai des
dizaines d'heures de sommeil en retard, moi je dis, vivement les vacances ! Bon, ce chapitre est un petit peu plus long (toujours pas assez, je sais xD), j'en suis assez contente mais je demandes
quand même vos avis ^^
Bonne lecture, Kalei.
Laurent ruminait des pensées noires et tournait en rond dans son village. Il laissait ses yeux passer et repasser sur tout ce qu'il croisait mais il avait la désagréable sensation d'avoir déjà
tout remarqué, tout photographié. Il ne lui restait plus rien à faire et il ne pouvait l'accepter : on n'a jamais fait le tour complet de quelque chose. Puisqu'il faillait bien satisfaire ce
besoin de photographier, il sortit son appareil, un vieux Leica qu'il aimait particulièrement. Il se mit à genoux devant une maison et prit le cliché d'un détail dans les pierres du perron. Il
avait fait son choix, cette pellicule serait celle des petites choses, de ce qu'on ne remarque pas ou qu'on ne voit plus. Il fit ainsi le tour de son minuscule village pour la quatrième fois,
capturant sur sa pellicule tous les petits détails qui attiraient ou non l'attention.
Plutôt calmé, il prit le chemin de chez lui et réfléchit. Ce gosse l'intriguait, vraiment. Il était rare qu'une personne éveille autant sa curiosité, habituellement il se lassait des gens avant
même de les connaitre, c'est pour cette raison qu'il avait acheté une maison dans un village si isolé, il aimait l'absence. Mais là, il avait envie de savoir d'où venait ce gamin décharné et
pourquoi il était ainsi. En pensant à lui, il le revit assis sur le rebord de la fenêtre, fumant sa clope avec désinvolture. Ce qui l'avait vraiment frappé à ce moment là ce n'était pas l'aspect
étrange de la situation, non, ni même ce corps trop maigre. C'était l'espèce d'aura de tristesse qui l'entourait. On aurait dit qu'il était l'incarnation de la tristesse. Tout dans son attitude
exprimait la souffrance, les regrets et les remords. Mais pourquoi ? C'était la question qui revenait sans cesse dans l'esprit de Laurent. Pourquoi ? Pourquoi avait-on l'impression, rien qu'en
croisant son regard, que ce garçon vivait dans un autre monde, bien au-dessus du notre ? Pourquoi ses traits n'exprimaient rien d'autre que de l'indifférence quand tout son être hurlait la
souffrance ?
Il leva les yeux ; il se trouvait devant sa porte. Il hésita un bref instant, se demanda si l'autre était toujours là puis, écartant sa question, entra dans la maison. Le garçon était là, assis
dans un fauteuil, il pouvait voir son profil. Celui-ci leva la tête vers lui et le dévisagea sans surprise.
- T'es toujours là gamin ? Demanda Laurent.
L'autre restait muet et le regardait sans ciller.
- Toujours aussi bavard à ce que je vois, grommela le photographe.
Il enleva son manteau, l'accrocha au porte manteau prévu à cet effet, enleva ses chaussures, pris son Leica et le posa sur la table. Il vint ensuite s'assoir sur le fauteuil face à Ziggy. C'est
seulement à ce moment là qu'il remarqua l'odeur de thé qui flottait dans la maison et la théière posée sur la table basse. Remarquant sa surprise, Ziggy pris la parole :
- J'ai fait du thé, il fait froid dehors.
- Euh, merci ? répondit Laurent de façon incertaine.
- Puis je suis désolé, j'me suis emporté tout à l'heure alors que je n'avais aucune raison de le faire, tu n'avais rien fait qui justifies ma colère, pas volontairement en tout cas.
- Ca tu peux le dire gamin, tu m’as foutu en rogne, tellement que je me suis barré de ma propre maison, en temps normal je t'aurais foutu dehors mais bon ... Disons que les conditions sont un peu
exceptionnelles. On va prendre les choses du début si tu veux bien. Je m'appelle Laurent, j'ai vingt-six ans et je suis photographe.
- Ok, moi c'est Ziggy, j'ai dix-huit ans et le reste à peu d'importance. Ah si, j'aimerai bien savoir où je suis, je veux dire, je sais que je suis en Auvergne mais je ne sais pas où
...
- Je suppose que je ne dois pas poser de question sur le pourquoi du comment tu t'es retrouvé à dormir sous la pluie dans un village que tu ne connais pas, perdu au milieu de la France. Tu
es donc à Malbo, un village de ... vingt habitants, et encore je vois grand, perdu dans le Cantal.
- Le Cantal ? Ca va, c'est loin, ça ne sera jamais assez loin mais c'est suffisant pour le moment.
Laurent abandonna l'idée de comprendre de quoi Ziggy parlait et servit deux tasses de thé, une pour lui et l'autre pour l'étrange garçon qui avait débarqué dans sa vie du jour au lendemain. Ils
burent en silence, écoutant la pluie qui recommençait à battre les carreaux. Le plus jeune fixait un point au plafond, il avait l'air complètement perdu dans ses pensées. Le photographe le
regardait et regretta de ne pas avoir un appareil à porté de main, ce gosse lui donnait envie de photographier. Il avait l'impression qu'il aurait pu faire des centaines de portraits de lui sans
avoir capturé la moitié de son charme. Il se surprit à le détailler de façon un peu trop insistante. Secouant la tête, il brisa le silence.
- Et tu vas faire quoi ? J'veux dire, tu compte repartir ? Parce que sans vouloir être indiscret t'es pas trop en état de voyager, t'es même carrément malade.
- En effet, t'es indiscret là. Ouais, j'aimerai bien me barrer, partir toujours plus loin mais ça me fait mal de le dire mais t'as raison : j'suis pas en état, il faut que j'attende que ma fièvre
tombe.
- Tu peux rester là si tu veux, j'ai pas de chambre d'ami mais il y a toujours le canapé si t'es pas trop exigeant.
Ziggy le regarda surpris.
- Tu veux bien que je reste ? Ca t’arrive souvent d'accueillir des gens comme ça chez toi ? Parce que bon, j'pourrais toujours être un cambrioleur ou je sais pas quoi ...
- Pour tout te dire c'est la première fois que je ramasse un gamin dans la rue mais j'm'en fout, tu pourrais bien avoir tué quelqu'un et vouloir m'assassiner, tant pis, il faut prendre des
risques non ? Répondit Laurent avec un petit sourire en coin.
Ils finirent leur tasse tranquillement, écoutant le bruit de la pluie et se posant chacun la même question perfide et insistante : pourquoi ? Puis Ziggy se leva et débarrassa la théière et les
tasses, puisqu'il restait là un petit moment, il fallait bien qu'il soit un minimum utile, au moins qu'il se fasse oublier.
-
Bon, j'ai des photos à développer, j'vais devoir te laisser un moment, tu fais comme chez toi, il y a des bouquins ici si tu veux.
- Ouais j'ai vu mais à vrai dire je préfèrerais une ou deux feuilles, j'ai des choses à écrire.
- Ok, j'vais t'en chercher.
Il disparut en haut des escaliers et revint, une minute plus tard avec un paquet de feuilles et une trousse. Il posa le tout sur la table, prit son Leica et monta s'enfermer dans son
laboratoire.
Je sais pas dans quoi je m'embarque, je ne sais vraiment pas ...
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